RÉPRESSIONS & PROCÈS
Annonce des dates du procès, Jay Asani et Mouna — 5 octobre 2025
5, 6 et 7 novembre 2025 : Procès du déchøukaj des quatre statues coloniales
Les 5, 6 et 7 novembre 2025, s’est tenu au tribunal de Fort-de-France, en Martinique, le procès des onze personnes mises en examen dans l’affaire du déchøukaj des quatre statues coloniales, les 22 mai et 26 juillet 2020. Dans une société encore structurée par les inégalités raciales, sociales et économiques héritées de la colonisation et de l’esclavage, ce déchøukaj constitue un acte de justice, de dignité et de réparation face à la banalisation, voire à l’apologie, d’un crime contre l’humanité dans l’espace public.
Ce procès ne s’est pas déroulé comme une affaire de droit commun : dès les premières audiences, il s’est transformé en une « véritable tribune autour de la mémoire, de la dignité et du rapport à l’histoire coloniale », un cours magistral d’histoire, où les déclarations des prévenu·e·s et les plaidoiries de leurs avocat·e·s ont permis aux personnes présentes — des plus jeunes aux plus ancien·ne·s — d’en apprendre davantage sur l’histoire de la colonisation de Wanakaera, devenue Martinique.
Des premiers signes de vie humaine sur l’île [évoqués par Limyèdifé dans sa déclaration] jusqu’à nos jours, ces fragments de vie partagés ont, le temps du procès, redonné souffle aux récits étouffés par le monolithe de l’histoire coloniale. Les témoignages et vécus retransmis avec conviction et émotion par la défense ont fait ressurgir les mémoires des premiers peuples connus, ainsi que celle des déporté·e·s d’Afrique et d’Asie — que les génocidaires et criminels colonisateurs avaient tenté d’anéantir — réaffirmant ainsi leur présence, leur humanité, leur résistance et leur existence.
Le 17 novembre, le tribunal correctionnel de Fort-de-France a rendu son délibéré : des onze personnes jugées pour destruction et dégradations aggravées de biens appartenant à une personne publique, neuf ont été relaxées, deux reconnues coupables avec dispence de peines.
Ce procès ne s’est pas déroulé comme une affaire de droit commun : dès les premières audiences, il s’est transformé en une « véritable tribune autour de la mémoire, de la dignité et du rapport à l’histoire coloniale », un cours magistral d’histoire, où les déclarations des prévenu·e·s et les plaidoiries de leurs avocat·e·s ont permis aux personnes présentes — des plus jeunes aux plus ancien·ne·s — d’en apprendre davantage sur l’histoire de la colonisation de Wanakaera, devenue Martinique.
Des premiers signes de vie humaine sur l’île [évoqués par Limyèdifé dans sa déclaration] jusqu’à nos jours, ces fragments de vie partagés ont, le temps du procès, redonné souffle aux récits étouffés par le monolithe de l’histoire coloniale. Les témoignages et vécus retransmis avec conviction et émotion par la défense ont fait ressurgir les mémoires des premiers peuples connus, ainsi que celle des déporté·e·s d’Afrique et d’Asie — que les génocidaires et criminels colonisateurs avaient tenté d’anéantir — réaffirmant ainsi leur présence, leur humanité, leur résistance et leur existence.
Le 17 novembre, le tribunal correctionnel de Fort-de-France a rendu son délibéré : des onze personnes jugées pour destruction et dégradations aggravées de biens appartenant à une personne publique, neuf ont été relaxées, deux reconnues coupables avec dispence de peines.
« Le Noir se contentait de remercier le Blanc, et la preuve la plus éclatante en est le nombre impressionnant de statues érigées dans toute la France et les colonies montrant la France blanche caresser les cheveux crépus de ce gentil Noir dont les chaînes venaient d’être brisées. »
LIEN(S)
Archives du 7 novembre 2025
— Interview Maître Arneton, ATV
— Interview Limyèdifé, Relais populaire
— Interview Jay Asani et Niyabja, Relais Populaire
— Interview Maître Romer, avocate de Mouna, Relais Populaire
— Interview Maître Germany, Relais Populaire
— Déclaration de Limyèdifé lors du procès
— Déchoukaj : réflexions historiques et politiques sur le déboulonnement de Victor Schœlcher, Isis Labeau-Caberia • article intégral sur La Griotte Vagabonde — 7 novembre 2025
— Annonce des dates du procès, Jay Asani et Mouna — 5 octobre 2025
— Annonce des dates du procès et soutien de Fiona Compton, qui a témoigné lors du procès, le 6 novembre 2025, KnowYourCaribbean — 3 octobre 2025
2020 ° RÉACTIONS
2022 ° RÉPRESSIONS
« Qui a effacé Quoi ? Qui efface Quoi dans cette Histoire ? »
Début mai 2022, deux ans après le déchøukaj des quatre statues à l’effigie de colonialistes, la Martinique a été le théâtre d’une vague d’arrestations, dont le déploiement disproportionné des forces de l’ordre a provoqué l’indignation au sein de la population. Dès l’aube, les forces de l’ordre, par dizaines, investissent les rues du nord au sud de l’île pour interpeller les huit personnes suspectées d’y avoir participé en 2020. Sous le regard de leurs proches mis·es en joue par des gendarmes, des Martiniquais·es sont menotté·es et placé·es en garde à vue, certain·es sont déféré·es devant le parquet puis mis·es en examen pour destruction de biens d’utilité publique. Au total, onze Martiniquais·es sont visé·e·s par cette procédure judiciaire.
Dans le témoignage retranscrit ci-dessous, l’une des personnes inculpées dans l’affaire du déchøukaj pose une question fondamentale, suite aux réactions qui affirmaient que ces actes de vandalisme « effacent l’histoire » : qui a effacé quoi, qui efface quoi dans cette histoire ?
QUI (A) EFFACE QUOI ?