2019-2020 ° BOYCOTT & BLOCAGES
Le déchøukaj des quatre statues en Martinique en 2020 ne relève pas du mouvement Black Lives Matter
Le 25 mai 2020, l’assassinat de George Floyd aux États-Unis déclenche une mobilisation planétaire contre le racisme, les violences polières et les héritages coloniaux, renforçant les actions de déboulonnage des statues liées au colonialisme et à l’esclavage, principalement en Europe et en Amérique du Nord.
Cependant, le déchøukaj des quatres statues coloniales en Martinique ne relève pas du mouvement Black Lives Matter. Il s’inscrit dans la continuité des appels au boycott et des blocages organisés chaque samedi de fin 2019 à début 2020 pour dénoncer l’impunité des responsables de l’empoisonnement massif au chlordécone, pesticide organochloré toxique, cancérogène et perturbateur endocrinien — dont la persistance dans les sols pourrait durer entre 4 000 et 11 000 ans, au lieu des 700 ans précédemment annoncés, et qui contamine plus de 90 % des Guadeloupéen·ne·s et des Martiniquais·es. Ces manifestations, qui (re)constituaient des espaces intergénérationnels de transmission et de luttes anticoloniales et décoloniales — liées à la dépollution des terres, des corps et des esprits, ainsi qu’à la souveraineté alimentaire — ont été violemment réprimées par la police et les forces armées
L’empoisonnement massif au chlordécone et autres pesticides n'est pas qu'un scandale environnemental, c'est un crime colonial et d’état, qui révèle la continuité de la domination colonialiste et impérialiste sur les terres, les eaux, les corps et les esprits.
Plus d’informations
[vidéo] Blocages des supermarchés en Martinique de fin 2019 à début 2020, dénonçant l’impunité des responsables de l’empoisonnement massif au chlordécone [extraits vidéos Mawon TV] — En introduction, une courte vidéo en soutien à Edwin, jeune père de famille, harcelé depuis 2020 par le système judiciaire, accusé de plusieurs incendies entre 2020 et 2021.