JUSTICE FOR KÉZIAH
Justice for Kéziah
Justice for Kéziah
— Lettre ouverte de Madly Étilé, mère de Kéziah Nuissier — Octobre 2026
VIOLENCES POLICIÈRES·MILITAIRES DU 16 JUILLET 2020
Empoisonnement au chlordécone, droit de manifester ou lynchage public en toute impunité ?
Le jeudi 16 juillet 2020, devant le commissariat de police de Fort-de-France, un rassemblement a lieu en soutien aux personnes placées en garde à vue dans la matinée. Vers 15 heures, les policiers sont remplacés par des gendarmes mobiles, qui chargeront brutalement la foule deux heures plus tard. Lors de la seconde charge, deux d’entre eux tentent de saisir les tambours Bèlè pour les balancer. Madly, la mère de Kéziah, se dépêche de récupérer l’un des tambours, puis se retrouve projetée violemment au sol par l’un des gendarmes. Son bras se fracture. Kéziah tente de la rejoindre, mais les gendarmes le maintiennent et le rouent de coups de matraque. S’ensuit une véritable scène de torture, où les gendarmes continuent de le tabasser à terre. L’un d’eux s’agenouillera sur son visage, puis s’assiéra sur lui, en souriant.
1/3 — Un gendarme maintient son genou sur le visage de Kéziah.
2/3 — Un gendarme maintient son genou sur le visage de Kéziah.
3/3 — Le même gendarme s’assoit sur Kéziah, en souriant.
Kéziah perd connaissance. Menotté, il est trainé et posé sur le bitume à l’abris des regards, derrière un fourgon. Un des gendarmes enfonce son doigt dans l’oeil de Kéziah, un autre piétine ses parties intimes. Kéziah supplie les gendarmes et le chef de police d’arrêter de le frapper, « Arrêtez de me tuer ! ». Ces derniers lui rétorquent : « T’es un enculé, t’es un fils de pute ! Meurs ! ». Le sang coule, les gendarmes continuent de le brutaliser.
Du haut d’un immeuble, un jeune homme filme la scène. Il hurle “Il saigne !”, “C’est enregistré !”. Après avoir jeté un coup d’œil vers lui, les gendarmes arrêtent et embarquent Kéziah au poste de police. L’un des gendarmes renversera plus tard une bouteille d’eau sur la flaque de sang au sol. Blessé à la tête, il sera conduit à deux reprises à l’hopital durant sa garde à vue. Six ans plus tard, c’est Kéziah qui sera jugé au tribunal de Paris, et non les « forces de l’ordre » l’ayant brutalisé, et ce malgré les plaintes déposées.
LIEN(S)
Comment j’ai été frappé puis accusé de violences par les forces de l’ordre, témoignage de Kéziah Nuissier — 2025