VIOLENCES POLICIÈRES·MILITAIRES DU 16 JUILLET 2020
« T’es qu’un fils de pute ! Meurs ! »
Le jeudi 16 juillet 2020, un rassemblement a lieu en soutien à trois personnes en garde à vue, devant le commissariat de police de Fort-de-France. Vers 15 heures, les policiers sont remplacés par des gendarmes mobiles. Ils chargeront brutalement la foule deux heures plus tard. Lors de la seconde charge, deux d’entre eux tentent de saisir les tambours Bèlè pour les balancer. Madly, la mère de Kéziah, en s’interposant pour récupérer l’un des tambours, se retrouve projetée au sol par l’un des gendarmes. Son bras se fracture. Kéziah tente de la rejoindre au sol, mais les gendarmes le maintiennent et le roue de coups de matraque. S’ensuite une véritable scène de torture, où les gendarmes continuent de le tabasser au sol, en le menottant. L’un des gendarme maintient son genou sur son visage, puis s’assied sur son corps, en souriant.
1/5 — Les quatre statues déchøukées en Martinique en 2020
2/5 — Déchoukaj 22 Mé 2020
3/5 — Déchoukaj 22 Mé 2020
4/5 — Déchoukaj 22 Mé 2020
5/5 — Déchoukaj 22 Mé 2020
Le jour du premier double déchøukaj, un communiqué non signé diffusé dans les rues, envoyé aux médias proclame le 22 mai, jour de célébration des existences fondamentales de tous les ancêtres qui se sont battus pour notre liberté, dont celle du Tanbouyé Romain.
22 Mai, la réparation par la réappropriation
« [...] En 1848 à l'Habitation Duchamp, au Prêcheur, le Tanbouyé Romain bat son tambour au mépris de l'interdiction d'en jouer. Il est envoyé en prison, ce qui provoque la colère de milliers d'esclavagisé·e·s qui demandant sa libération. Une libération qu'ils obtiendront et qui déchaînera la colère des béké·e·s. Les habitations sont prises d'assaut, plusieurs béké·e·s sont tué·e·s. Le sang coule tellement que le décret est signé le 22 mai en urgence.
Pourtant, on nous raconte encore que c'est Victor Schœlcher, signataire de l’abolition de l'esclavage française qui est le sauveur du peuple noir Martiniquais. Non, Schœlcher n'est pas notre sauveur. Non, nous ne voulons plus que les habitations continuent d’effacer la mémoire de nos ancêtres au profit de leurs tortionnaires.
Non, nous ne demanderons plus la permission d'être respecté·e·s. [...]
Chers Martiniquais·es, les politien·ne·s en particulier, avant de condamner ces actes par le biais de communiqués de presse honteux, regardez-vous une dernière fois dans le miroir. Vous êtes les complices de cette prise d'otage des corps / des cœurs / des âmes Martiniquais·es. [...]
Si vous avez décidé de mettre l'ile en vente, sachez que l'Histoire n'oubliera pas. [...] »
« [...] En 1848 à l'Habitation Duchamp, au Prêcheur, le Tanbouyé Romain bat son tambour au mépris de l'interdiction d'en jouer. Il est envoyé en prison, ce qui provoque la colère de milliers d'esclavagisé·e·s qui demandant sa libération. Une libération qu'ils obtiendront et qui déchaînera la colère des béké·e·s. Les habitations sont prises d'assaut, plusieurs béké·e·s sont tué·e·s. Le sang coule tellement que le décret est signé le 22 mai en urgence.
Pourtant, on nous raconte encore que c'est Victor Schœlcher, signataire de l’abolition de l'esclavage française qui est le sauveur du peuple noir Martiniquais. Non, Schœlcher n'est pas notre sauveur. Non, nous ne voulons plus que les habitations continuent d’effacer la mémoire de nos ancêtres au profit de leurs tortionnaires.
Non, nous ne demanderons plus la permission d'être respecté·e·s. [...]
Chers Martiniquais·es, les politien·ne·s en particulier, avant de condamner ces actes par le biais de communiqués de presse honteux, regardez-vous une dernière fois dans le miroir. Vous êtes les complices de cette prise d'otage des corps / des cœurs / des âmes Martiniquais·es. [...]
Si vous avez décidé de mettre l'ile en vente, sachez que l'Histoire n'oubliera pas. [...] »
22 mai 1848
Le 22 mai 1848, une foule immense d'esclaves venus des plantations environnantes converge vers Saint-Pierre pour exiger la libération de Romain. L'insurrection éclate : des milliers d'esclaves, hommes et femmes, armés de coutelas, de houes, de bâtons et de torches, envahissent la ville. [...] Plusieurs habitations et entrepôts sont incendiés [...] ; Les autorités coloniales sont rapidement débordées par l'ampleur du soulèvement. [...] On compte plusieurs morts et de nombreux blessés.
Face à l'insurrection généralisée, [...] le gouverneur, le général Claude Rostoland, se voit contraint de céder. Après avoir tenté sans succès de réprimer le mouvement [...], il prend une décision historique. Sans attendre l'arrivée du décret officiel du 27 avril [...], Rostoland proclame l'abolition immédiate de l'esclavage en Martinique le 22 mai 1848 vers 15 heures. Cette proclamation est immédiatement diffusée dans l'île.
Face à l'insurrection généralisée, [...] le gouverneur, le général Claude Rostoland, se voit contraint de céder. Après avoir tenté sans succès de réprimer le mouvement [...], il prend une décision historique. Sans attendre l'arrivée du décret officiel du 27 avril [...], Rostoland proclame l'abolition immédiate de l'esclavage en Martinique le 22 mai 1848 vers 15 heures. Cette proclamation est immédiatement diffusée dans l'île.
1/4 — Pour honorer en ce jour leurs ancêtres déporté·e·s, esclavisé·e·s, des Martiniquais·es se sont recueilli·e·s dans diverses habitations — 22 mai 2020
2/4 — Pour honorer en ce jour leurs ancêtres déporté·e·s, esclavisé·e·s, des Martiniquais·es se sont recueilli·e·s dans diverses habitations — 22 mai 2020
3/4 — Pour honorer en ce jour leurs ancêtres déporté·e·s, esclavisé·e·s, des Martiniquais·es se sont recueilli·e·s dans diverses habitations — 22 mai 2020
4/4 — Pour honorer en ce jour leurs ancêtres déporté·e·s, esclavisé·e·s, Martiniquais·es se sont recueilli·e·s dans diverses habitations — Nuit du 21 mai 2020
LIEN(S)
Comment j’ai été frappé puis accusé de violences par les forces de l’ordre, témoignage de Kéziah Nuissier — 2025